En Turquie, la répression des LGBTI franchit un cap…

Après une Pride sous tension à Kiev – encadrée par l’armée – le 18 juin… à Istanbul, la police a bel et bien tiré avec des balles en caoutchouc sur les manifestantEs, manifestantEs qui voulaient marcher malgré l’interdiction par le gouvernement Erdogan.

Pour la troisième année consécutive, Erdogan avait fait interdire la marche sous le prétexte d’un manque de sécurité après des menaces faites par un groupe ultra-nationaliste… Pourtant ce dimanche, c’est bien la police d’Erdogan qui a attaqué les LGBTI d’Istanbul ! L’année dernière, la marche avait été interdite pour « maintien de l’ordre public ». En 2015, elle avait été interdite seulement quelques heures avant sa tenue, au prétexte que l’on était en plein mois de Ramadan, et la répression s’était alors faite à coups de matraques et de canons à eau…

Le gouvernement tente de réprimer durablement le mouvement LGBTI turc qui, s’il est jeune, avait pris un certain essor. Depuis 1993, les organisations LGBTI organisent dans les rues d’Istanbul des semaines de la fierté, et en 2003, une poignée de militantEs LGBTI ont défilé pour la première fois. En 2013 et 2014, dix années plus tard, ils étaient plusieurs milliers. L’essor du mouvement s’est fait en lien avec l’occupation de la place Taksim et le mouvement du Gezi Park. C’est cette révolte qui a donné à la jeunesse LGBTI d’Istanbul une aspiration à l’émancipation.

Quatre ans plus tard, la situation pour les LGBTI a largement reculé : les agressions homophobes gagnent du terrain puisque ceux qui les commettent ont le soutien presque affiché de l’État. On se souvient du meurtre de la militante transgenre Hande Kader en août dernier, dont le corps avait été retrouvé brûlé, alors qu’on estime à environ 2 000 les meurtres des personnes transgenres depuis 2008. Et il n’y a quasiment aucune condamnation des meurtres ou agressions transphobes…

C’est donc le moment de se rappeler que les LGBTIphobies sont toujours une réalité partout dans le monde. Plus que jamais, il est temps de reconstruire un mouvement de solidarité internationale !

Source : NPA

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