Brésil : La boue de la honte

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Le 5 novembre à Mariana, à 400 km au nord de Rio de Janeiro, un barrage minier qui retenait les boues issues d’une mine de fer a rompu. Au-delà des 23 morts, c’est une région immense du Brésil qui a été ravagée. Un village entier a été englouti, 500 personnes ont perdu leur logement, des dizaines de personnes blessées… La vague de boue (40 millions de m3) s’est déversée dans le Rio Doce, le 5e fleuve brésilien, et les particules les plus fines ont commencé à atteindre l’océan en pleine période de reproduction de nombreuses espèces. 500 000 personnes n’ont plus accès à l’eau potable, car toutes les stations de traitement sur le fleuve ne sont plus fonctionnelles.

Les effets de la pollution vont se faire sentir pendant au moins 100 ans. C’est donc à juste titre que les Brésiliens ont surnommé cette catastrophe le « Fukushima brésilien ».

Cette rupture de barrage, la dixième de ce type au Brésil, est de loin la plus grave. Dans la même région, un autre barrage est menacé. Pourtant cela aurait pu être évité car les résidus de mines peuvent être stockés à l’état sec de manière beaucoup plus sûre. Mais pour cela, il faut les traiter, ce qui induit un coût. L’opérateur de cette mine, Samarco, est une coentreprise de BHP (1er groupe minier mondial) et Vale (3e groupe minier mondial, l’une des plus grosses entreprises brésiliennes et récipiendaire du « Nobel de la honte » en 2012 qui « récompense » la pire société au monde…). Ces deux entreprises ont licencié 400 travailleurs à Mariana pour faire face à la baisse des cours des minerais et satisfaire leurs actionnaires.

L’État brésilien ne s’est pas donné les moyens de contrôler son secteur minier et a décentralisé l’octroi des permis. Le gouvernement local a privilégié l’emploi, et encore aujourd’hui, la municipalité de Mariana ne veut pas que la mine ferme.

Il y a plus de 4 000 barrages de ce type dans le monde, de plus en plus à risque du fait des techniques utilisées et des événements climatiques extrêmes dus au réchauffement climatique qui les fragilisent.

Source : NPA

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